- Maison d'éditionLubumbashi, Presses Universitaires de Lubumbashi,
- Année d'édition26-28 janvier 2005
Extrait
AVANT-PROPOS Le colloque international, organisé à l’Université de Lubumbashi, du 24 au 26 janvier 2005, sur « 1960–2004, Bilan et tendances de la littérature négro-africaine », est une réponse heureuse à la question de savoir comment cette littérature a assumé son destin au cours de cette deuxième moitié du 20è siècle et quelles sont les perspectives possibles pour son avenir. Effectivement, quand on sait que la littérature, de manière générale, est entendue comme transposition du fait social, expression de la conscience collective déifiée en vue de l’interprétation et de la traduction de cette dernière en mot d’ordre par les masses populaires en attente d’un idéal, il est tout à fait pertinent que ce colloque de Lubumbashi cherche à répondre à la question « qu’a pu la littérature négro-africaine face à l’histoire de la décolonisation africaine à partir des années 60 ? ». A quoi a-t-elle servi ? En quoi a-t-elle fait partie des pratiques de pensée qui participent à la création des faits culturels africains ? La réponse à cette problématique se veut plurielle mais globale. Aussi la réflexion va-t-elle se focaliser tour à tour sur la nature institutionnelle de la littérature négro-africaine (communications en plénière), sur ses parcours historiques (atelier I), sa thématique (atelier II), ses problèmes et techniques de l’écriture (atelier III), ses autres genres (atelier IV) et la question de littérature, langue et société (atelier V). En effet, après un flash sur quelques écrivains, les communications en plénière soulèvent la question de l’approche institutionnelle des textes et contextes de la littérature négro-africaine, dénoncent le bradage de sa dynamique de décolonisation et relèvent sa politisation et son enclavement. Par ailleurs, sous forme de chrono film de la littérature négro-africaine (1960-2004), les parcours historiques de cette dernière abordent successivement le problème de ses dénominations, son éclatement en littératures nationales, ses contacts avec les littératures africaines de langue anglaise et la question de son enseignement. La thématique de la littérature narrative négro-africaine, quant à elle, exploite un sociogramme diversifié, essentiellement autour des thèmes de modernité, espoir, identités, cafritude, conflits ethniques, politiques, linguistiques et culturels, misère, humanisme, violence, interdits...Les problèmes et techniques de l’écriture se révèlent à travers les préoccupations relatives à la création artistique, notamment le discours africain, l’appropriation de la langue française, la mystification du lecteur, l’épistolarité, la typologie, le pré-texte, le contexte, l’hypertexte, les figures du réalisme, l’écriture et l’engagement, etc. L’analyse des autres genres porte principalement sur la littérature de jeunesse, le théâtre populaire, le théâtre filmé, la poésie, l’histoire immédiate, les schèmes des littératures orales africaines...Enfin, l’examen des rapports entre littérature, langue et société aborde avec pertinence la question de la francophonie, de la réception des œuvres littéraires africaines, des aspects sociolinguistiques et praxéologiques, de l’édition africaine, du développement en Afrique, etc. Il appert de ce qui précède, de la diversité des champs d’analyse à la globalité des objectifs à atteindre, le colloque de Lubumbashi sur le bilan et les perspectives de la littérature négro-africaine (1960-2004) apparaît finalement comme un moment d’arrêt important qui concerne tous les acteurs des mutations sociales : écrivains, critiques littéraires, masses populaires, décideurs politiques... Dans une même dynamique d’action, que chacun se rappelle que la littérature « fait » sa société et la société « fait » sa littérature.Pr. AMURI MPALA-LUTEBELE Président du Comité Scientifique du Colloque